Les principales Bourses européennes sont attendues en légère baisse jeudi à l'ouverture, la prudence reprenant ses droits sur l'ensemble des marchés après une série d'indicateurs économiques mitigés aux Etats-Unis et à la veille des chiffres très attendus de l'emploi américain.
Les contrats à terme sur indices indiquent une baisse de 0,4% pour le CAC 40 à Paris, de 0,5% pour le DAX à Francfort, de 0,8% pour le FTSE 100 à Londres et de 0,4% pour l'Euro STOXX 50.
Les indices européens avaient déjà fini dans le rouge mercredi, les inquiétudes persistantes concernant les tensions sur le marché obligataire l'ayant emporté sur le léger reflux des cours du pétrole.
D'un côté, les investisseurs semblent toujours miser sur le scénario d'une désescalade au Moyen-Orient qui aurait pour effet de faire baisser les prix de l'énergie, mais ils paraissent de plus en plus préoccupés, de l'autre, par la remontée des taux longs et la capacité de l'IA à continuer de tirer les indices.
Signal relativement préoccupant, le CAC 40 a fini par enfoncer hier son seuil psychologique des 8 000 points, ouvrant la voie à une correction plus profonde, sans doute en direction de la zone support des 7 850 points à en croire les analystes techniques.
Alors que l'envolée du pétrole et des taux commence à susciter quelques interrogations concernant la résistance de la croissance économique, les intervenants surveilleront avec attention, dans le courant de la matinée, la publication des indices PMI manufacturiers définitifs pour le mois de septembre en zone euro.
Les données préliminaires s'étaient avérées encourageantes, notamment en Allemagne, en mettant en avant une progression des commandes ainsi que des exportations orientées à la hausse, mais la composante des prix s'est encore raffermie alors que la crise énergétique globale se prolonge.
Entre vertige obligataire et boussole de l'emploi
L'attention des investisseurs se tournera de nouveau vers les Etats-Unis, à la veille de la publication du rapport mensuel du département du Travail, qui pourrait relancer le débat sur la nécessité d'un resserrement rapide de la politique monétaire de la Réserve fédérale.
Les statistiques mensuelles du marché du travail sont d'autant plus attendues que celles de l'emploi privé ont montré hier une économie toujours solide, ADP ayant fait état de 90 000 créations d'emplois en septembre, contre 68 000 attendues, renforçant la perspective de nouveaux tours de vis monétaires.
Heureusement, l'indice PCE des prix à la consommation s'est avéré plus modéré qu'attendu puisque l'inflation de base s'est établie à 3,4% sur un an, un chiffre qui a entraîné une baisse sensible des anticipations de hausse de taux pour le mois d'octobre, désormais inférieures à 40%, même si le marché continue d'anticiper quatre nouvelles hausses des taux d'ici l'été 2027.
En prélude au rapport sur l'emploi, les investisseurs surveilleront à 14h30 les chiffres hebdomadaires des inscriptions au chômage aux Etats-Unis puis la parution de l'ISM manufacturier à 16h00.
Sur le marché obligataire, le rendement à dix ans américain continue à remonter pour s'établir à 5,29% après avoir établi un nouveau plus haut depuis 2002 hier, à tout juste 5,30%.
Les deux contrats de référence sur le brut repartent à la baisse après avoir beaucoup grimpé au cours de la semaine écoulée.
Le Brent abandonne 0,6% à 97,4 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 0,9% à 89,6 dollars.
A Wall Street, les indices américains ont de nouveau terminé en ordre dispersé mercredi, soutenus par une inflation PCE légèrement inférieure aux attentes et les éditeurs de logiciels, tandis que la remontée des rendements obligataires continue de faire pression sur les valeurs cycliques.
A la clôture, le Dow Jones reculait de presque 0,9%, le S&P 500 cédait autour de 0,2% tandis que le Nasdaq 100 s'octroyait une progression de 0,2%.
Les contrats futures sont néanmoins orientés à la hausse ce matin suite à la publication, dans la soirée d'hier, des résultats trimestriels du fabricant de mémoires Micron, qui a relevé ses perspectives grâce à la demande liée à l'IA, ce qui permettait à son titre de gagner plus de 1% dans les échanges prolongés.
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